Selon les données de l’Institut des troubles d’apprentissage (ITA) et du ministère de l’Éducation, on estime que 10% à 15% des enfants au Québec vivent avec un trouble spécifique d’apprentissage ou du langage.
Les troubles d’apprentissage se manifestent de différentes manières :
Trouble spécifique de la lecture. L’enfant éprouve des difficultés à décoder les mots et à lire avec fluidité, ce qui peut nuire à la compréhension du texte.
Trouble spécifique de l’acquisition de l’orthographe. Erreurs constantes dans l’application des règles orthographiques et phonétiques.
Trouble spécifique des mathématiques. L’enfant a du mal à comprendre les concepts numériques, le sens des nombres, les symboles mathématiques et le calcul mental.
Trouble de l’exécution du geste moteur de l’écriture. Lettres souvent illisibles, et entraîne une fatigue physique rapide en écriture.
Trouble persistant du langage oral (compréhension, expression ou les deux), qui impacte directement l’apprentissage ultérieur du langage écrit.
Le dépistage précoce repose sur l’observation de signes révélateurs à la maison ou en classe :
Au préscolaire : Retard dans l’apparition des premiers mots, difficultés à retenir les comptines, le nom des couleurs ou des lettres, pauvreté du vocabulaire…
Au primaire : Inversion ou omission de lettres/chiffres (ex. : b et d, 12 et 21), lenteur extrême ou épuisement disproportionné lors des devoirs et leçons, incapacité à retenir l’orthographe de mots fréquents malgré des répétitions quotidiennes, difficulté à suivre les étapes d’un problème mathématique simple ou à retenir les tables d’addition/multiplication, refus ou évitement marqué des tâches d’écriture et de lecture.
Qui consulter en cas de doute ? L’orthophoniste, l’orthopédagogue, et le neuropsy/psychologue. Le rôle de l’éducateur spécialisé dans tout ça ? Il transforme les recommandations en interventions pratiques au quotidien dans le milieu de vie de l’enfant.
Exemples : Utilisation de matériel à manipuler (jetons, matériel multibase) pour rendre les concepts mathématiques visuels, aide aux outils technologiques comme le dictionnaire numérique Métallo, le logiciel Lexibar…), accompagnement pour utiliser Eurêka, aménagement du poste de travail, découpage des consignes complexes, gestion de la fatigue cognitive en planifiant des moments de pauses et mise en valeur des réussites. Des ateliers estivaux comme « Cerveau Actif » offerts par Jessie Bédard éducatrice spécialisée, peuvent prévenir la glissade de l’été à travers des activités ludiques hebdomadaires.
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Selon les données de surveillance de l’institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et de l’enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes, la prévalence du TSA continue de progresser de manière soutenue. Chez les jeunes québécois de 1 à 24 ans, la prévalence actuelle est estimée à environ 2,3 % (soit près de 1 enfant ou jeune sur 43).
Le diagnostic est encore posé environ 3 fois plus souvent chez les garçons que chez les filles.
Les reportages et analyses publiés dans des médias comme Radio-Canada et La Presse rappellent fréquemment que cette hausse statistique n’est pas nécessairement liée à une « épidémie », mais plutôt à : une meilleure formation des intervenants et médecins, des critères diagnostiques plus inclusifs, une sensibilité accrue quant aux profils féminins, longtemps passés sous le radar.
Bien que le DSM-5 définisse le TSA par des défis sur le plan de la communication sociale, la présence de comportements répétitifs et d’intérêts restreint, la présentation clinique peut varier grandement selon le genre. Chez les garçons, le profil correspond plus souvent au tableau classique historiquement documenté : intérêts très ciblés et intenses (ex. : transports, statistiques, mécanique), tendance à parler de leur sujet de prédilection de façon unilatérale, présence de stéréotypies motrices plus visibles (flapping des mains, balancements), rigidité face aux changements de routine qui s’exprime parfois par de l’opposition ou des crises comportementales.
Le profil féminin est souvent plus subtil en raison du phénomène de camouflage social (masking) : elles observent et copient attentivement les comportements de leurs paires pour « s’intégrer », ce qui demande une énergie mentale colossale et mène souvent à un épuisement au retour à la maison. Leurs intérêts portent souvent sur des thèmes socialement très acceptés (les animaux, la littérature, la psychologie, le dessin), ce qui masque leur caractère envahissant. Au lieu de manifester de l’opposition, l’anxiété se traduit davantage par du retrait social, du perfectionnisme ou du mutisme sélectif.
À noter également que le traitement sensoriel est souvent différent chez les personnes autistes, ce qui amène souvent des hypersensibilités et/ou des hyposensibilités au quotidien. Par exemple, la sensation d’une étiquette de vêtements sur la peau peut être très agressant voir insupportable alors que pour certains ils ne sentiront pas l’engelure qui commence sur leurs mains l’hiver.
L’impact de l’autisme chez les jeunes est souvent la difficulté à se faire des amis, difficultés à faire de l’inférence en lecture, comprendre le sarcasme, s’ajuster à l’interlocuteur lors de discussion, tracer une ligne claire entre ce qui est privé et publique, respecter la bonne distance sociale selon la relation (la bulle) et difficulté à lire les intentions des autres. Les personnes autistes sont plus susceptibles de ressentir un sentiment d’injustice car les perceptions et la compréhension sont parfois différentes des autres. Ils peuvent sortir du sujet facilement en écriture, avoir des difficultés à comprendre et gérer leurs émotions, avoir des rigidités ainsi qu’avoir besoin de soutien pour gérer la nouveauté, les changements et les imprévus.
Le cerveau autiste a également des forces et des « superpouvoirs » tels qu’un sens de l’observation très développé, une excellente mémoire des détails, des perceptions nouvelles qui amènent des solutions innovantes et créatives ainsi qu’une très grande authenticité ! Les jeunes autistes développent souvent une sur spécialisation dans leur domaine d’intérêt et surprennent à connaître autant de choses sur un sujet !

La cyberintimidation, c’est le fait de harceler une personne ou de tenir à son endroit des propos menaçants, haineux, injurieux ou dégradants, qu’ils soient illustrés ou écrits.
La cyberintimidation représente une agression à l’aide des nouvelles technologies faisant l’usage des formes de violence suivantes : verbale, psychologique et sexuelle. L’usage de ces formes de violence est fait contre autrui dans le but de lui faire du mal, de l’intimider ou de lui porter préjudice. Le facteur de répétition et l’intention de blesser sont à l’origine de la cyberintimidation.
Un seul message haineux ne constitue pas de la cyberintimidation. L’intervention prompte permettra toutefois d’empêcher que cela le devienne. En revanche, lorsque, tous les jours, une personne constate qu’on la cible sur les réseaux sociaux afin de la dénigrer et qu’elle reçoit des messages désobligeants, il est question de cyberintimidation.
Les gens qui envoient des propos les oublient souvent rapidement, car, pour eux, c’est anodin et c’est terminé une fois que l’on a appuyé sur « envoyer ». Cependant, ce n’est pas aussi facilement oublié pour la personne qui les reçoit. Elle peut les consulter autant de fois qu’elle le veut et c’est généralement ce qui arrive lorsque l’on reçoit un message haineux. On s’en fait, on est triste, on lit et relit.
Voici quelques conseils préventifs à donner à votre enfant concernant la cyberintimidation :
QUITTER immédiatement l’environnement en ligne lorsque la situation devient problématique (ex. : réception d’un courriel menaçant) et prévenir un adulte de confiance.
ÉVITER de répondre à des messages haineux ou menaçants. La personne qui l’intimide n’attend que ça et s’en servira contre lui, avec l’aide ou non d’autres personnes.
S’ABSTENIR de divulguer des renseignements personnels : nom, âge, adresse, numéro de téléphone, mots de passe, etc.
BLOQUER les adresses ou personnes qui l’intimident. Qu’il s’agisse des réseaux sociaux, de son adresse courriel ou de son téléphone, il est possible de bloquer des personnes, des adresses ou des numéros.
RETRACER les adresses d’où proviennent les messages intimidants et contacter les fournisseurs de services Internet ou de téléphonie cellulaire, selon le cas.
SAUVEGARDER tous les messages d’intimidation qu’il reçoit, que ce soit par courriel, par texto ou par messagerie instantanée.
ALERTER le service de police local lorsqu’il y a soupçon d’une infraction criminelle.
En effet, certaines problématiques de cyberintimidation représentent des infractions au Code criminel canadien. À titre d’exemple, des clauses sont prévues dans les cas suivants :
Libelle diffamatoire
Exemple : Utiliser les technologies Internet telles que les sites Web pour ridiculiser d’autres personnes en racontant des histoires, des blagues ou en affichant des images.
Extorsion
Exemple : Envoyer des courriels menaçants à des collègues de classe pour leur demander d’apporter des objets de valeur à l’école ou de l’argent.
Harcèlement criminel
Exemple : Utiliser les technologies de l’information pour communiquer de façon répétée avec une personne en sachant qu’elle se sent harcelée.
Faux message
Exemple : Transmettre, à l’aide d’un système de messagerie électronique, de faux renseignements dans l’intention de nuire à quelqu’un.
Proférer des menaces
Exemple : Utiliser un système de messagerie pour envoyer des courriels de menaces envers d’autres personnes.
Pour DÉNONCER la cyberintimidation au Québec et au Canada, vous pouvez suivre ces étapes :
1. Collecte de preuves : Rassemblez des captures d’écran, des messages, des courriels ou tout autre élément qui démontre la cyberintimidation. Ces preuves seront utiles lors de la dénonciation.
2. Signaler à la plateforme : Si la cyberintimidation a lieu sur une plateforme en ligne (comme les réseaux sociaux, les forums, etc.), signalez le comportement abusif à la plateforme elle-même. Chaque plateforme a ses propres mécanismes de signalement.
3. Dénonciation à la police : Si la situation est grave, menaçante ou de nature criminelle, il est conseillé de porter plainte auprès de la police. Vous pouvez contacter votre service de police local pour obtenir des conseils sur la marche à suivre.
4. CyberAide.ca : Au Canada, vous pouvez consulter le site CyberAide.ca, qui fournit des informations et des ressources pour faire face à la cyberintimidation. L’organisation a également un service d’aide par téléphone.
5. Centre canadien de protection de l’enfance : Si la cyberintimidation concerne un enfant ou un adolescent, le Centre canadien de protection de l’enfance propose des conseils et un service d’assistance pour les parents et les jeunes.
6. Signaler à Cybersécurité Canada : Si la situation concerne la sécurité nationale ou des menaces graves en ligne, vous pouvez signaler l’incident à l’Agence de la cybersécurité du Canada.
7. Réseaux sociaux et sites Web : La plupart des grandes plateformes en ligne ont des mécanismes de signalement intégrés pour les comportements abusifs et la cyberintimidation. Utilisez-les pour signaler les contenus problématiques.
Rappelez-vous de prendre des mesures pour votre propre sécurité en ligne, comme la protection de vos informations personnelles et la gestion de vos paramètres de confidentialité. Les adultes devraient être en mesure d’encadrer les jeunes par rapport à ces mesures essentielles.
En cas d’urgence ou si vous êtes en danger immédiat, n’hésitez pas à contacter la police. Il est important de signaler tout comportement menaçant ou dangereux.
Adapté de « Guide d’information aux parents sur la violence et l’intimidation à l’école » de Jean-Sébastien Bourré, 2016: https://www.fondationisabelleetlucpoirier.com/initiatives/guide-d-information-aux-parents-sur-la-violence-et-l-intimidation-a-l-ecole-a4
Que faire quand on vit de la cyberintimidation ? | Blogue | Fondation Isabelle et Luc Poirier
Coauteure : Marie-Ève Caron de l’organisme SantéFamille
L’adolescence est souvent perçue comme une période tumultueuse, marquée par des sautes d’humeur et des comportements imprévisibles ou impulsifs. Les transformations biologiques et physiques de la puberté s’entremêlent aux transformations comportementales et sociales : les jeunes peuvent manger ou dormir plus ou moins, être plus émotif·ive·s et parfois, tester les limites. Et souvent quand ces changements surviennent, on va mettre ça sur le dos de la « crise d’adolescence » ou des hormones.
« Il ou elle est en pleine crise d’adolescence, il faut être patient. »
« Ça y est, c’est la crise d’ado qui commence ! »
« C’est juste l’adolescence, ça va passer. »
Cette expression, généralement ponctuée d’un soupir, est souvent l’explication à laquelle nous avons recours en tant qu’adulte ou parent face aux changements de comportement d’un·e jeune, comme s’il s’agissait d’une étape obligée du passage de l’enfance à l’âge adulte. Ce stéréotype, largement répandu dans notre société, teinte cependant cette période de vie de manière bien négative et tend à simplifier à l’excès une réalité bien plus complexe.
Il est important de se rappeler que la majorité des jeunes traversent l’adolescence sans crise. Il serait donc plus approprié de parler de période d’adolescence.
Et si nous changions nos lunettes ? 🧐
Bien que l’adolescence puisse certainement être une période difficile, c’est surtout l’une des transitions les plus fascinantes et les plus complexes de la vie : une période de croissance et de changement accélérés, la deuxième après la petite enfance ; une période d’élargissement des horizons, de découverte de soi et d’indépendance naissante ; une période de métamorphose de l’enfance à l’âge adulte.
Les événements de cette phase de formation cruciale peuvent façonner le parcours de vie d’un individu. Chacun·e la traverse avec plus ou moins de difficultés et d’intensité, tout comme nous le faisons à d’autres périodes de la vie (un nouvel emploi, de nouvelles relations au travail, un déménagement, des enfants, l’évolution de relations sociales ou amoureuses, un deuil, etc.).
Lorsque des aléas surviennent pendant l’adolescence, on peut avoir tendance, sans forcément s’en rendre compte, à les minimiser en pensant qu’il s’agira « juste d’une phase ». Le risque, en collant l’étiquette « crise d’ado » à tout comportement considéré comme sortant de l’ordinaire, est de passer à côté d’une réelle détresse et de défis de santé mentale qui, s’ils restent ignorés, pourraient s’aggraver avec le temps.
La détresse psychologique est en effet au cœur de la plupart des problèmes vécus à l’adolescence. Aujourd’hui au Québec, plus d’un tiers des jeunes disent en souffrir.
Mais comment distinguer un comportement « normal » de l’adolescence, de la déprime passagère et de la détresse psychologique ?
Découvrir quelques pistes dans cet article
🤝Parents, grands-parents, oncles, tantes, enseignant·e·s, intervenant·e·s, coachs sportif·ve·s, professionnel·le·s de la santé, nous constituons ensemble le filet de sécurité* des ados et avons tous et toutes un rôle à jouer pour les aider à vivre sainement cette transition et intervenir efficacement lorsque des défis surviennent.
*Le filet de sécurité représente tout adulte qui peut avoir un impact dans la vie d’un·e jeune (enseignant·e, parent direct, membre de la famille, entraîneur·euse, etc.). Au-delà du cercle rapproché autour de l’ado, il désigne de façon non officielle toute personne ayant un devoir de protection dans l’entourage d’un·e jeune.
🤸♀️Laisser aux jeunes l’espace de découvrir et d’explorer toutes ces nouvelles opportunités de façon sécuritaire est essentiel pour leur permettre de grandir sainement.
💙 Soyons présent·e·s, à l’écoute, curieux·ses, prêt·e·s à dialoguer dans la bienveillance et sans jugement pour créer un lien de confiance et les accompagner à travers ces turbulences.
Découvrez nos conseils pour accompagner les jeunes dans leur besoin d’autonomie 👉 dans cet article.
Habitudes de vie, choix des ami·e·s, conciliation des loisirs et du travail scolaire, choix du parcours d’études, utilisation des médias sociaux, exposition et premières consommations de substances…
Découvrez nos conseils pour aider les jeunes à faire des choix éclairés 👉 dans cet article.
À RETENIR
Évitons de parler de « crise d’adolescence » et privilégions l’emploi de « période d’adolescence ».
Lorsque le comportement d’un·e jeune éveille en nous l’envie d’employer l’expression « crise d’adolescence », prenons le temps de vérifier ce qui se passe et ce qui se cache derrière ce comportement, observons et ouvrons le dialogue.
Il est important de reconnaître et valider les sentiments de l’ado, et surtout de ne pas les banaliser, les minimiser ou les ridiculiser. Valider l’émotion ne veut pas dire être d’accord avec ce qui se passe, ça démontre simplement qu’on reconnaît l’état. Ça peut paraître anodin, mais croyez-nous, ça fait une grande différence dans notre relation avec les jeunes !
Les clés pour créer et entretenir un lien de confiance avec les ados : du temps, de la patience, de la curiosité, de l’ouverture et de la bienveillance. Les ados ont besoin de se sentir vus et considérés tels qu’ils sont, sans préjugés.
Et enfin, rappelons-nous qu’on a tous et toutes été adolescent·e ! 😉
Un enfant est assis sur son lit avec un seul bas dans les mains. Ça fait quinze minutes qu’on lui a demandé de s’habiller. Il a entendu la consigne, il sait comment mettre ses vêtements pis c’est certainement pas la première fois qu’il doit se préparer le matin… mais il est encore là, maintenant complètement absorbé par un jouet qu’il a trouvé sous son lit. Pendant ce temps-là, le parent attend, regarde l’heure pis commence à bouillir intérieurement parce que, voyons donc, il sait très bien ce qu’il doit faire!..
Vu de l’extérieur, ça ressemble vraiment à un enfant qui a simplement décidé de ne pas collaborer, et c’est souvent là qu’on conclut qu’il pourrait le faire s’il le voulait vraiment. Après tout, quand il veut jouer à son jeu ou aller dehors, il est soudainement pas mal plus efficace, hein? Sauf qu’entre savoir quoi faire et réussir à le faire au moment où on nous le demande, il y a tout un trajet à faire dans le cerveau… pis des fois, ça bloque quelque part en chemin.
Quand on dit « Va ranger ta chambre », nous, on voit une tâche. Ranger la chambre. Ce sera peut-être long et plate, mais la consigne nous semble quand même assez claire.
Le cerveau, lui, doit faire pas mal plus que ça.
L’enfant doit d’abord interrompre ce qu’il faisait, déplacer son attention vers nous, comprendre la consigne, la garder en mémoire le temps de se rendre dans sa chambre, regarder le bordel devant lui sans perdre tout espoir en l’humanité, décider par où commencer, organiser les étapes pis réussir à rester sur la tâche malgré les douze objets beaucoup plus intéressants qu’il va retrouver en chemin parce que oui, la petite figurine disparue depuis trois mois devient soudainement une urgence nationale exactement au moment où il faut ramasser le linge par terre.
Tout ça fait appel à ce qu’on appelle les fonctions exécutives. En gros, ce sont les processus qui nous permettent de prendre ce qu’on sait ou ce qu’on veut faire et de le transformer en action. Elles nous aident à commencer, nous organiser, garder une information en tête, changer d’activité, gérer notre attention et nous ajuster quand quelque chose ne fonctionne pas comme prévu. Ces fonctions-là sont encore en développement chez les enfants et chez plusieurs enfants TDAH ou autistes, certaines peuvent aussi demander beaucoup plus d’effort et peuvent ne jamais être l’équivalent des fonctions exécutives typiques donc, oui, un enfant peut savoir qu’il doit ranger sa chambre, comprendre que son parent commence à être tanné, vouloir éviter une conséquence et même avoir l’intention de le faire… tout en restant assis au milieu de son bordel parce que son cerveau arrive pas à trouver le bouton « commencer ».
Ce bouton-là existe. Il est juste pas toujours ben ben identifiable, et des fois il semble avoir été installé derrière le frigidaire pour aucune raison pratique.
Les fonctions exécutives expliquent pas tout, évidemment. Un enfant qui semble nous ignorer peut être tellement absorbé par ce qu’il fait que nos paroles se rendent à ses oreilles sans réussir à prendre toute la place nécessaire dans son attention. Il peut entendre “on part dans cinq minutes”, répondre « oui oui » pis ne jamais enregistrer l’information assez solidement pour s’en souvenir trente secondes plus tard. Il peut aussi être fatigué, avoir faim, être surstimulé ou utiliser déjà une énorme partie de son énergie à gérer le bruit, ses émotions, les attentes de la journée ou le chandail qui pique depuis ce matin. La consigne est peut-être trop vague. « Range ta chambre », ça veut dire quoi exactement? Commencer par les vêtements? Les jouets? Faire le lit? Tout terminer avant de ressortir? Pour un cerveau qui a besoin de savoir clairement ce qu’on attend de lui, regarder l’ensemble peut rapidement devenir beaucoup trop gros.
Les transitions peuvent aussi demander un effort qu’on voit pas. Pour nous, fermer un jeu et venir manger, c’est un petit changement très ordinaire. Pour un enfant qui était profondément plongé dans son activité, son cerveau doit ralentir, laisser quelque chose d’inachevé, sortir de son univers et se rendre disponible pour autre chose presque immédiatement. Ça peut avoir l’air de deux clics sur une manette. Dans sa tête, il est peut-être en train d’essayer de faire atterrir un avion en pleine tempête.
Et des fois… ben oui, il a juste pas envie de le faire! Ça arrive! Les enfants sont des humains. Ils trouvent certaines tâches plates, ils testent des limites, ils préfèrent continuer ce qu’ils aiment et ils peuvent aussi décider de s’opposer. On n’a pas besoin de trouver une explication neurologique complexe derrière chaque bas abandonné dans le salon.
L’idée, c’est surtout de ne pas décider automatiquement que le problème est un manque de volonté avant même d’avoir regardé ce qui se passe.
Je pense que c’est là que certaines personnes deviennent inquiètes. Si on cherche constamment à comprendre pourquoi un enfant agit d’une certaine façon, est-ce qu’on finit par tout accepter? Non. On peut comprendre qu’une transition est difficile et devoir partir quand même. On peut reconnaître qu’une chambre en désordre est overwhelming et maintenir qu’elle doit être rangée. On peut respecter l’émotion d’un enfant sans lui laisser lancer ses souliers dans la face de sa sœur. Comprendre la cause enlève pas nécessairement la limite, ça nous aide surtout à intervenir sur le bon problème.
Si je suis convaincu que l’enfant refuse volontairement de mettre ses souliers, je vais probablement répéter la consigne plus fort, perdre patience, menacer d’une conséquence ou lui parler de respect. Mais si je remarque qu’il n’arrive pas à arrêter ce qu’il fait pour commencer autre chose, je peux annoncer le départ d’avance, utiliser une minuterie, revenir près de lui au moment de la transition ou l’aider à faire le premier mouvement au lieu de crier la même consigne depuis l’autre bout de la maison.
On doit partir pareil. Les souliers doivent quand même se retrouver dans ses pieds. On vient juste d’arrêter de traiter une difficulté de transition comme un défaut de caractère. Et ça, ça change beaucoup de choses pour l’enfant! À force de se faire dire qu’on est paresseux, qu’on écoute jamais ou qu’on ferait les choses si elles étaient réellement importantes pour nous, on ne finit pas nécessairement par développer de meilleures fonctions exécutives. On risque surtout d’apprendre qu’on déçoit constamment les adultes sans comprendre comment faire autrement.
On interprète énormément les comportements des enfants. Il nous défie. Elle cherche de l’attention. Il fait exprès. Elle sait exactement ce qu’elle fait. Il essaie de manipuler la situation. Peut-être. Mais peut-être pas aussi.
Un comportement nous montre d’abord qu’il se passe quelque chose. L’interprétation, c’est nous qui l’ajoutons ensuite avec ce qu’on connaît de l’enfant, notre propre histoire, notre niveau de fatigue pis, soyons honnêtes, le nombre de fois qu’on a déjà répété la même chose depuis le début de la journée.
Le problème, c’est qu’une fois qu’on pense connaître l’intention de l’enfant, on intervient selon cette intention-là. Si on pense qu’il cherche à nous provoquer, on veut lui montrer qu’il ne gagnera pas. Si on pense qu’il manque volontairement d’effort, on pousse plus fort. Si on pense qu’il essaie d’attirer notre attention, on peut choisir de l’ignorer. Sauf que si notre interprétation n’est pas la bonne, on peut pousser longtemps sans jamais aider l’enfant à développer ce qui lui manque réellement.
Un enfant qui ne sait pas par où commencer n’a pas besoin qu’on lui répète toute la tâche plus fort. Il a peut-être besoin qu’on l’aide à trouver la première étape. Un enfant qui a oublié la consigne entre le salon et sa chambre développera pas magiquement une meilleure mémoire de travail parce qu’on lui enlève sa tablette. Et un enfant déjà surchargé arrivera probablement pas à mieux se contrôler si on ajoute de la pression sur le système qui déborde déjà.
On essaie alors de corriger un manque de volonté qui n’était peut-être même pas là.
La prochaine fois qu’un enfant semble ne pas écouter, on peut prendre une seconde avant de conclure qu’il s’en fout et se demander ce qui l’empêche de faire ce qu’on lui demande en ce moment. Peut-être qu’il ne veut réellement pas. Ça arrive. Mais peut-être aussi qu’il n’a pas compris la consigne comme on le pensait, qu’il l’a déjà oubliée, qu’il ne sait pas par où commencer, qu’il n’arrive pas à quitter son activité ou que son cerveau a simplement pu assez d’espace pour traiter une demande de plus.
On ne trouvera pas toujours la bonne explication du premier coup, et personne n’a le temps de lancer une enquête complète chaque fois qu’un enfant oublie son verre sur la table. Le but, c’est pas de devenir détective privé spécialisé en bas perdus, c’est juste de garder une petite place pour le doute avant de décider qu’on connaît ses intentions.
Des fois, l’enfant devant nous veut réellement bien faire… il ne réussit juste pas encore à faire ce qu’on lui demande de la façon dont on le lui demande. Pis quand pousser plus fort fonctionne pas, ça vaut peine d’arrêter un instant pour regarder où ça bloque réellement.
Quand on pense à améliorer le sommeil de son enfant, on pense souvent en premier à l’horaire, à la routine du dodo ou aux siestes. Mais il y a un facteur qu’on oublie trop souvent : l’environnement dans lequel ton bébé dort. La température, la lumière, le bruit ambiant, la dormeuse qu’il porte : chacun de ces éléments influence directement la qualité et la durée de son sommeil.
Voici les 6 éléments à revoir en priorité si tu veux donner à ton enfant les meilleures conditions pour bien dormir.
La température idéale de la chambre se situe entre 19 et 21 degrés Celsius. Le soir, le corps humain baisse naturellement sa température pour passer en mode repos. Une chambre trop chaude envoie donc un signal contradictoire à l’organisme de ton enfant, qui reste alors plus porté à rester actif. À l’inverse, une température trop basse peut créer une sensation de froid et provoquer des réveils plus fréquents.
Ces repères s’appliquent surtout à partir de 4 mois. Pendant la période de nouveau-né, ton bébé a besoin d’un peu plus de chaleur. Dans le doute, vérifie sa nuque : c’est un indicateur beaucoup plus fiable que les mains ou les pieds, qui sont naturellement plus frais.
La dormeuse (aussi appelée gigoteuse ou sac de nuit) fait partie de mes incontournables. Bien choisie, elle aide ton enfant à maintenir une température stable toute la nuit et élimine les risques liés aux couvertures dans le lit.
Le TOG indique l’épaisseur, donc le niveau de chaleur, de la dormeuse. Entre 19 et 21 degrés, une dormeuse de 1 TOG convient bien. Entre 21 et 23 degrés, une 0.5 ou 0.7 TOG est préférable, et au-delà de 23 degrés, on peut simplement la retirer. Sous les 19 degrés, une 1.5 ou 2 TOG fera la différence. Pense aussi à ajuster la taille au fur et à mesure que ton enfant grandit : il doit pouvoir bouger librement, s’asseoir, se retourner et même se tenir debout sans être limité.
Si ton enfant semble « détester » sa dormeuse, ce n’est souvent pas l’article en soi qui pose problème. Pour plusieurs bébés qui apprennent à dormir, c’est simplement une façon d’exprimer qu’ils ne veulent pas aller au lit, un peu comme certains enfants protestent en étant installés dans leur siège d’auto.
Le bruit blanc peut aider ton enfant à enchaîner ses cycles de sommeil et à masquer les bruits de la maison. C’est un outil utile, mais qui demande d’être utilisé avec prudence. L’Ordre des Audiologistes et des Orthophonistes du Québec rappelle que « une exposition prolongée à des intensités trop fortes est dangereuse pour le système auditif ».
Voici quelques recommandations simples à suivre : opte pour un appareil avec volume ajustable et minuterie, vise un maximum de 30 décibels (ou le volume minimal), place l’appareil à au moins 30 cm des oreilles de ton enfant, et privilégie une tonalité constante, comme un bruit de ventilateur, plutôt que de la musique ou des sons variés.
Pendant la mise en place d’un plan de sommeil, je recommande souvent de le laisser en continu. Une fois le sommeil bien établi, on peut le retirer progressivement, en réduisant le volume ou la durée sur quelques jours.
L’obscurité est directement liée à la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil. Dès que les yeux perçoivent de la lumière, cette production ralentit. C’est pourquoi il est important d’exposer ton enfant à la lumière du jour pendant les périodes d’éveil, et de garder les moments de sommeil dans la pénombre.
Pour les nourrissons de 0 à 8 semaines, les siestes à la lumière du jour aident à établir le rythme circadien. À partir de 2-3 mois, une chambre complètement obscure (sans lumière de caméra, de veilleuse ou de jouet lumineux) favorise des siestes plus longues et limite les réveils matinaux trop précoces.
L’utilisation de la suce reste une décision très personnelle. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’environnement dans lequel ton bébé s’endort est celui qu’il recherchera à son réveil. S’il n’est pas encore capable de la remettre seul, il est normal qu’il t’appelle pour l’aider, ce qui peut transformer un simple réveil en période d’éveil plus longue.
Chaque enfant a un besoin de succion différent, et il est tout à fait possible de mettre en place un plan de sommeil tout en conservant la suce. Si un jour tu choisis de la retirer, ça se passe généralement mieux lorsque la routine, l’horaire et l’environnement de sommeil sont déjà bien ajustés.
Une couverture douce, un toutou, ou un toutou-doudou : cet objet devient souvent un repère précieux pour ton enfant. Il offre un sentiment de familiarité dans les moments de changement, comme la séparation ou l’heure du coucher, et peut soutenir l’apprentissage de l’autonomie au fil du temps.
Tu n’as pas besoin de tout changer en même temps. Choisis un ou deux éléments à ajuster cette semaine, la température ou l’obscurité par exemple, et observe l’effet sur les nuits et les siestes de ton enfant.
Si tu sens que l’environnement est déjà optimal mais que le sommeil reste difficile, ça vaut la peine d’en parler. Chaque famille et chaque enfant est différent, et un accompagnement personnalisé peut t’aider à y voir plus clair.