Intégration scolaire et sociale : une richesse et un défi à la fois
Selon les données de surveillance de l’institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et de l’enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes, la prévalence du TSA continue de progresser de manière soutenue. Chez les jeunes québécois de 1 à 24 ans, la prévalence actuelle est estimée à environ 2,3 % (soit près de 1 enfant ou jeune sur 43).
Répartition selon le sexe :
Le diagnostic est encore posé environ 3 fois plus souvent chez les garçons que chez les filles.
L’explication des chiffres :
Les reportages et analyses publiés dans des médias comme Radio-Canada et La Presse rappellent fréquemment que cette hausse statistique n’est pas nécessairement liée à une « épidémie », mais plutôt à : une meilleure formation des intervenants et médecins, des critères diagnostiques plus inclusifs, une sensibilité accrue quant aux profils féminins, longtemps passés sous le radar.
Bien que le DSM-5 définisse le TSA par des défis sur le plan de la communication sociale, la présence de comportements répétitifs et d’intérêts restreint, la présentation clinique peut varier grandement selon le genre. Chez les garçons, le profil correspond plus souvent au tableau classique historiquement documenté : intérêts très ciblés et intenses (ex. : transports, statistiques, mécanique), tendance à parler de leur sujet de prédilection de façon unilatérale, présence de stéréotypies motrices plus visibles (flapping des mains, balancements), rigidité face aux changements de routine qui s’exprime parfois par de l’opposition ou des crises comportementales.
Le profil féminin est souvent plus subtil en raison du phénomène de camouflage social (masking) : elles observent et copient attentivement les comportements de leurs paires pour « s’intégrer », ce qui demande une énergie mentale colossale et mène souvent à un épuisement au retour à la maison. Leurs intérêts portent souvent sur des thèmes socialement très acceptés (les animaux, la littérature, la psychologie, le dessin), ce qui masque leur caractère envahissant. Au lieu de manifester de l’opposition, l’anxiété se traduit davantage par du retrait social, du perfectionnisme ou du mutisme sélectif.
À noter également que le traitement sensoriel est souvent différent chez les personnes autistes, ce qui amène souvent des hypersensibilités et/ou des hyposensibilités au quotidien. Par exemple, la sensation d’une étiquette de vêtements sur la peau peut être très agressant voir insupportable alors que pour certains ils ne sentiront pas l’engelure qui commence sur leurs mains l’hiver.
L’impact de l’autisme chez les jeunes est souvent la difficulté à se faire des amis, difficultés à faire de l’inférence en lecture, comprendre le sarcasme, s’ajuster à l’interlocuteur lors de discussion, tracer une ligne claire entre ce qui est privé et publique, respecter la bonne distance sociale selon la relation (la bulle) et difficulté à lire les intentions des autres. Les personnes autistes sont plus susceptibles de ressentir un sentiment d’injustice car les perceptions et la compréhension sont parfois différentes des autres. Ils peuvent sortir du sujet facilement en écriture, avoir des difficultés à comprendre et gérer leurs émotions, avoir des rigidités ainsi qu’avoir besoin de soutien pour gérer la nouveauté, les changements et les imprévus.
Le cerveau autiste a également des forces et des « superpouvoirs » tels qu’un sens de l’observation très développé, une excellente mémoire des détails, des perceptions nouvelles qui amènent des solutions innovantes et créatives ainsi qu’une très grande authenticité ! Les jeunes autistes développent souvent une sur spécialisation dans leur domaine d’intérêt et surprennent à connaître autant de choses sur un sujet !

Interventions gagnantes à l’école et à la maison
- Horaire prévisible et stable
- Expliquer changements, nouveautés et imprévus
- Supports visuels (marguerite de choix, arbre décisionnel, séquence, maintenant/après, liste à cocher, dessins conceptuels, photo/picto, ruban au sol pour délimiter l’espace, faire des démonstrations, tableau des 6 questions de base…)
- Ralentir le débit, parler moins
- Pauses préventives et réactives
- Objets sensoriels à manipuler
- Enseigner explicitement les habiletés sociales et la gestion des émotions
